La France tient-elle ses engagements à l’international en faveur d’une transition agroécologique ?

Pour aider à répondre à cette question, le Basic a développé pour le compte du CCFD-Terre Solidaire, Oxfam France et Action Contre la Faim la première base de données permettant d’analyser de manière exhaustive les projets agricoles soutenus par l’État français dans les pays éligibles à l’Aide publique au développement. Requêtable sur 1 500 mots clés et variants, cet outil a nécessité le croisement et la fiabilisation les informations issues de 7 bases de données publiques et plusieurs sites internet institutionnels, rassemblant 9 571 lignes de projets pour un total de 5,8 milliards d’euros engagés entre 2009 et 2018.

Les 3 ONGs ont ainsi pu passer au crible les informations sur les projets financés par la France et viennent de publier les principaux résultats de leurs analyses dans leur rapport intitulé « Une pincée d’agroécologie pour une louche d’agro-industrie ».

Les résultats sont éclairants : seuls 13,3% de ces montants contribuent à une agroécologie « transformative », agissant à la fois sur les pratiques mais aussi sur les systèmes agricoles (modification du droit foncier, protection des ressources naturelles…). En complément, 9,3% des sommes ont soutenu des projets de verdissement des pratiques agricoles, mais sans ambition systémique.

À l’opposé, 23,6 % des financements ont appuyé des projets « non agroécologiques » (accroissement des rendements sans souci de modèle agricole, développement d’une agriculture industrielle…), fréquemment avec la participation de groupes français privés ayant des ambitions dans les pays concernés.

Le fléchage des financements en faveur de la transition écologique et sociale de l’agriculture reste ainsi très insuffisant au regard des engagements pris par l’Etat, et les contradictions entre ses différentes politiques publiques restent à résoudre.

 

Pour aller plus loin :

 

Dans les médias :